A partir du 1ier novembre, seront mis en ligne des textes qui, développent un point de vue sur ces questions de transmission, de modèle, d’exemple. Il s'agit d'exprimer la façon dont nous pensons nos métiers, nos recherches que l'on soit juriste, menuisier, infirmière, sociologue...
Une carte blanche de Fabrice Humbert [1] , parue dans Le Monde du 14.03.2010
« On a les ados que l'on mérite ! » ou responsabilités du monde adulte. [1]
Je suis éducateur et vis le quotidien avec des adolescents « dits en difficultés ». Personnellement, je dirais « en souffrance » tandis que les adultes qui les accompagnent sont, eux, souvent « en difficultés ».
Depuis de nombreuses années, d'énormes moyens (financiers et humains) ont été mis en place pour accueillir, soigner, accompagner ces jeunes en souffrance, et malgré cela, la situation semble s'aggraver.
De ce fait, de nombreuses questions ont pris de plus en plus de place dans ma pratique quotidienne:
« La fierté d’un journaliste est de faire comprendre ce qu’il a lui-même compris » Françoise Giroud.
Par où commencer ? Je m’appelle Christine Schaut. Professionnellement je pourrais me définir comme sociologue, à la fois professeure et chercheure. J’aimerais brièvement vous parler de cette double expérience et de la place qu’y prennent l’empathie, l’écoute et l’échange curieux et respectueux avec ceux qui ne sont pas moi et de qui j’ai beaucoup à apprendre.
Interview de Marcel Gauchet, paru dans La Croix le 16 septembre 2009 [1]
Les autres se posent toujours sur la chaise où je voulais m’asseoir, ils ne me laissent pas passer la porte avant eux, ils prennent la pastilla au poulet que je me réservais, ils se garent à la place que j’avais choisie.
Et même si je n’ai pas de voiture, c’est égal, cette place, elle était à moi.
Les filles dans la rue détournent le regard quand je les fixe dans les yeux, les gars le soutiennent et montrent les dents, les vieux baissent les yeux et accélèrent le pas. Les gens me parlent de trop près, ça me dérange, les filles me parlent de trop loin, ça me démange, où simplement elles me parlent quand moi je voudrais qu’elles m’écoutent. Parce que le mâle, on dira ce qu’on voudra, c’est moi.
Les jeunes d’aujourd’hui, c’est connu, ils ne respectent plus rien.
Avec la sortie de mon film Elève libre, j’ai constaté lors de nombreuses rencontres avec le public combien il est difficile pour chacun d’entre nous de définir ce qui constitue l’abus ou la transgression. J’ai découvert combien le public est dépourvu quand il doit déceler et formuler ce qui constitue la transgression. Ce constat m’a rendu vigilant et il m’est donc difficile de garder le silence quand j’entends le ministre de la Culture en France prendre la défense de Roman Polanski. Il m’est difficile de rester silencieux quand j’entends qu’un ministre d’Etat se range du côté d’un cinéaste qui n’a pas respecté la loi, ou s’est dérobé à l’action de la justice. Depuis ce jour, j’ai peur. J’ai peur que nous offrions aux extrémistes et autres fondamentalistes, motif à censurer la liberté d’expression, motif à juger les artistes plutôt que les hommes. J’ai donc peur pour tous les artistes qui souhaiteraient dorénavant se confronter à des sujets complexes.
On traite les questions d’éducation à travers certains faits divers mais se pose-t-on les vraies questions ? Celle de l’exemple notamment. Attitude indispensable pour enseigner à notre descendance la condition humaine.
D’où vient l’exemple ? De nos jours, pour grandir, l’enfant qui imite-t-il ? La transmission parentale et scolaire jugée obsolète, quels modèles identificatoires fascinent les jeunes d’aujourd’hui ? Les stars ! Ceux dont la réussite matérielle est fulgurante. Ou encore les images offertes par la publicité et par les médias !
(Publication originale dans Intermag du 29/09/2009)
Le retour de Justine Henin à la compétition a fait l'objet d'une couverture médiatique extrême. A tel point que la RTBF a sollicité Marc Lits, directeur de l'Observatoire du récit médiatique de l'UCL, pour commenter pendant son émission d'information matinale du 23 septembre 2009[1], les mécanismes dans lesquels elle était elle-même prise.
Une telle couverture excessive est appelée communément « battage médiatique » ; le terme de « rabattage » conviendrait peut-être mieux au travail des « rabatteurs » qui doivent amener le gibier (« le public ») aux annonceurs, comme nous allons le voir.