Dans sa chronique mensuelle, Bernard De Vos, Délégué général de la Communauté française aux droits de l'enfant, nous donne son point de vue sur un fait qui a retenu son attention.
Contrôles renforcés, Tolérance zéro, abaissement de la majorité pénale : toutes les idées médiocres, toutes les mauvaises farces ont été ânonnées ces dernières semaines. En tête de cortège le maïeur d’Anderlecht s’en allant claironnant qu’il allait « curer » les zones de non-droit de sa commune. Qu’importe si le verbe pue le Dettol et rappelle subtilement le Karcher du grand voisin, il fallait en imposer, et vite. Stopper la chienlit, mettre au pas les trublions, embastiller les insolents. Vite, disais-je…
Aux infos à la radio, dans les débats dominicaux, en pleine page dans les journaux, durant plusieurs jours on n’a parlé que de ça. De ces gamins violents qui ont trop de droits et ne respectent plus rien, pas même la police. De ces victimes innocentes, malmenées, car-jackées, sac-jackées, toujours traumatisées.
Davantage de bagarres que les années précédentes, 26 arrestations administratives, 19 arrestations judiciaires, 160 blessés dont un grave, 7 mineurs ramenés au poste sous l’influence de l’alcool, voilà ce que la presse aura retenu des dernières 24 heures vélo de Louvain-la –Neuve !
Mince ! Effacé le travail d’une année de plusieurs dizaines d’étudiants pour organiser un événement marquant de la vie estudiantine qui draine plus de 40.000 étudiants ; passés sous silence les sportifs endurants qui ont pédalé durant deux tours d’horloge ; oublié le génie des créateurs de ces drôles d’engins à pédales ; ignorées les nobles causes associées à l’événement, ne restent que les incidents, la biture de trop, les quelques arrestations de plus…